Marché sur l’eau : le canal de l’alimentation saine

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En France, l’association Marché sur l’eau soutient les producteurs locaux pour une alimentation saine et durable en Île-de-France. Elle se distingue par un mode de transport alternatif, la voie fluviale.
Le Marché sur l'eau couverture article lesgoodnewsQui dit une production dit une distribution. Ainsi, les routes françaises sont remplies de véhicules de livraisons. Fourgons, camionnettes, camions ou petits utilitaires sillonnent nos beaux paysages pour transporter toutes sortes de produits. La production alimentaire ne déroge pas à cette règle. Pourtant, bon nombre d’alternatives existent, le recours à la voie fluviale en est une. Très utilisés avant l’avènement du réseau routier, les fleuves, rivières et canaux étaient le passage privilégié pour toutes sortes de marchandises. Longtemps délaissée sous la pression d’une société où la célérité était la clé du succès, peu à peu la raison l’emporte de nouveau. Aujourd’hui, le transit par voie fluvial reprend une place bien méritée. C’est en partant de cette idée que l’association Marché sur l’eau a été créée en 2011 par Claire-Emmanuelle Hue, à sa sortie du conservatoire national des Arts et Métiers. Basée dans la région parisienne, l’association a souhaité tirer parti du canal de l’Ourcq pour y développer son activité. Le Marché sur l’eau souhaite apporter une alimentation saine provenant du circuit court et promouvoir les transports doux et durables. Sous la présidence de Claude Chauvet, maire adjoint à Sevran, et la direction de Christelle, c’est une équipe de cinq salariés aidés de nombreux bénévoles qui permettent à l’association de garder le cap.

Une belle alternative

Profitant des nombreuses infrastructures fluviales et des différents canaux, le marché sur l’eau investit un milieu depuis trop longtemps mis de côté. Bien que l’association ait recours au transport routier pour s’approvisionner auprès des différents producteurs, le canal de l’Ourcq est mis à contribution. D’origine napoléonienne, ce cours d’eau traverse l’est de l’Île-de-France avec une longueur de presque 100 kilomètres.

Marché sur l'eau en bref

Le Marché sur l'eau, c'est :

  • Un transport fluvial
  • Des produits locaux
  • Une alimentation saine
  • Une gestion des biodéchets
  • J'y vais

    Pour le parcourir, l’association a acquis une barge ostréicole, originaire de l’île d’Oléron et baptisée « les 2 brigands ». Ce chaland à fond plat d’une capacité marchande de 4 tonnes a vu sa propulsion d’origine totalement modifiée. Elle est basée à Claye-Souilly. Désormais, ce sont deux moteurs électriques alimentés par 18 panneaux photovoltaïques qui font se mouvoir l’engin sur les eaux calmes du canal. La marchandise glanée au fil des tournées de l’association rejoint de façon écoresponsable les étals de vente où est présent le Marché sur l’eau.

    De nombreux amis

    L’association ne pourrait se développer durablement si elle n’avait pas tissé dans sa zone d’influence des partenariats forts. Pour les légumes, ce sont des familles situées à Meaux, Compans, Crépy-en-Valois et Villers-Cotterêts, et d’autres maraîchers dans un rayon de moins de 100kms qui sont mis à l’honneur. L’équipe du Marché sur l’eau se fournit d’huile de colza, en farine, en pâtes et en pomme de terre auprès de producteurs locaux. Pour les fruits, c’est le même système. Les pommes, prunes, poires et bien d’autres délicieuses ressources n’ont pas franchi les frontières et subi une congélation ou d’autres techniques de conservation. La volaille est locale et la viande bovine provient d’un peu plus loin dans le Perche. Sans oublier les produits laitiers issus de plusieurs producteurs si proches, que le lait n’aurait pas le temps de tourner. Ajoutez à cela, une cuillerée de miel des abeilles seine-et-marnaises, le tout accompagné des productions de deux brasseurs (à consommer avec modération). Vous y êtes. De quoi, se nourrir sainement en soutenant l’agriculture locale.

    Une alimentation solidaire

    On pourrait croire que les produits acheminés et vendus par le Marché sur l’eau sont réservés exclusivement à une clientèle aisée. Que nenni ! C’est sans compter la forte volonté de l’association de faire profiter de ces produits sains au plus grand nombre. Ainsi, dans le cadre du projet ALISOL, l’équipe du Marché sur l’eau souhaite donner accès à une alimentation saine en visant une population défavorisée. À Pantin et à Sevran, les deux sites de distributions dédiés à cette initiative proposent, à moindre coût, des paniers garnis de denrées écologiques et responsables. C’est un bel exemple d’économie sociale et solidaire (ESS). En effet, les personnes en difficulté sociale peuvent retisser ce lien social qui leur faisait défaut. Ils peuvent s’impliquer dans la vie associative et user pleinement de leur citoyenneté.

    Un cercle vertueux

    Si l’association s’occupe avec efficacité de récupérer la production locale et la distribuer en Île-de-France, elle agit tout aussi bien dans le domaine de la récupération. Ainsi, le Marché sur l’eau a initié en 2017 son projet de collecte de déchets pour les valoriser et ne pas retourner à vide avec la barge. Depuis les champs, où elle redistribue plus de 30 % des produits invendus, l’association peut se féliciter d’avoir géré une quinzaine de tonnes de biodéchets en 2018. En outre, le samedi, les restaurateurs rachètent les produits restants. En conséquence, sur le premier semestre 2021, ce sont plus de 2,6 tonnes de déchets évités. Enfin, tous les trois mois, près d’une tonne du surplus de production des agriculteurs partenaires sont transformés en compotes et purées par la cocotte gourmande. Un bel exemple d’économie circulaire.

    Le marché sur l’eau, à suivre

    Il fallait être « barge » pour ne pas y avoir pensé plus tôt. Bien évidemment, les résultats ne se font pas attendre avec une belle adoption de cette alternative par les producteurs, mais pas seulement. Le public est au rendez-vous sur les différents sites où l’association est présente. Côté soutiens, le Marché sur l’eau peut compter sur les municipalités de Sevran, de Pantin et de Paris. De plus, l’association participe activement à un autre projet, déjà cité dans Lesgoodnews, La Butinerie. C’est donc un projet plein d’avenir, qui n’attend qu’à essaimer à travers le pays.

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    Article mis à jour le 23 novembre 2021 à 16 h 00 min

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    Philippe RUAUDEL

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