Le CNES a du PEPS

6 min de lecture

La plateforme PEPS, mise à disposition sur Internet par le CNES, permet un accès simplifié et gratuit à l’ensemble des données des satellites Sentinel.

peps lesgoodnews coverL’étude de la planète passe par l’exploration. Ainsi les premières grandes découvertes ont été effectuées par des navigateurs. De nos jours, cette exploration a pris un peu de hauteur. Une multitude de satellites artificiels gravitent autour de la Terre. Parmi leurs nombreuses missions, certains ont pour tâche de photographier, scanner et cartographier notre planète. Le réseau Copernicus, auquel appartiennent les satellites Sentinel, sont de cette catégorie. Ils collectent une masse de données immense qui permettra de mieux comprendre notre environnement et l’impact de l’activité humaine. Afin de les traiter, le Centre national d’études spatiales (CNES) a décidé, en étroite collaboration avec le réseau Copernicus au niveau inter-ministériel, de développer une plateforme web accessible à tous sur Internet. Depuis sa mise en ligne en septembre 2015, La Plateforme d’exploitation des produits Sentinel (PEPS) a pour mission d’offrir un accès simplifié et gratuit aux données de certains satellites Sentinel. Une équipe, correspondant à l’équivalent de cinq personnes à temps plein, intervient sur ce projet afin d’assurer la maintenance et l’amélioration en continu de PEPS.

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equipe cnes peps © CNES

L’équipe du CNES en charge de PEPS © CNES

Le partage des ressources

Page d’accueil de PEPS © CNES

Page d’accueil de PEPS © CNES

Le CNES ouvre, sans restriction, la plateforme PEPS à tous ! De quoi trouver son bonheur parmi les images en très haute résolution et les données de toutes sortes. La force de cet outil réside en partie dans la capacité de fournir un maximum de données provenant des satellites quelques heures après qu’elles aient été acquises. Cet Open Data de l’exploration terrestre depuis l’espace ouvre à l’ensemble des chercheurs, étudiants, entrepreneurs et particuliers passionnés, de nouvelles perspectives. Ce partage des ressources a pour but de stimuler l’innovation et de développer plusieurs secteurs de l’économie à forte valeur ajoutée. L’ensemble des données issues des satellites Sentinel sont aux format SAFE (Standard Archive Format for Europe). Une infrastructure spécialement conçue par le CNES a été mise en place pour accueillir les quelques 2 péta-octets de données générées par an. Au total, plus de 2 millions de produits sont accessibles sur la plateforme. Un produit correspond à plusieurs images d’une même zone mais sous des longueurs d’ondes différentes. Pour manipuler des éléments de cette énorme masse de données, plusieurs outils existent tels que OSGeoLive, Orfeo ToolBox, SNAP, QGIS, GDAL. Ceux-ci sont pour la plupart dans le monde du logiciel libre (Open Source). Ils demandent aux utilisateurs une bonne maîtrise et des environnements de type Linux. Cependant, un autre point fort de la plateforme est le traitement en ligne de ces mêmes données par les technologies du CNES. Ainsi PEPS offre une solution pérenne avec une garantie de continuité à long terme.

Le programme Copernicus à l’honneur

Les satellites du réseau Copernicus © CNES

Les satellites du réseau Copernicus © CNES

Une partie des satellites Sentinel du réseau Copernicus participe à ce programme. Fin 2017, ce seront six satellites qui observeront la Terre sous toutes ses coutures. Ce réseau, créé en 1998, a pour mission principale l’observation et la surveillance de la Terre pour l’environnement et la sécurité. La commission européenne propose aux états membres, sur fonds propres, de rediffuser ces données en renfort des infrastructures réalisées par l’ESA (Agence spatiale européenne). La France, via PEPS, s’appuie sur les satellites Sentinels qui sont spécifiques à ce programme. Sentinel-1A, doté d’un imageur radar, a été lancé le 3 avril 2014. Puis a suivi, en 2015, Sentinel-2A, photographiant la planète bleue et Sentinel-3A, en 2016, relevant la couleur et la température des océans et des terres. Sentinel-2B, en orbite depuis mars 2017, permet l’acquisition d’images de très haute qualité prise à 786 kilomètres d’altitude. Les internautes peuvent en quelques clics observer la Terre avec un point de vue similaire à l’astronaute Thomas Pesquet. PEPS va plus loin en mettant à leur disposition les outils de haute technologie de ces satellites. Pour ceux souhaitant connaître les trajectoires de l’ensemble de ces satellites, elles peuvent être observées via le logiciel libre de planétarium Stellarium.

lesgoodnews infographie peps © Lesgoodnews 2017

Des applications à foison

Un exemple de produit de PEPS © CNES

Un exemple de produit de PEPS © CNES

La plateforme permet de développer tout un type d’offres. Les domaines d’utilisation sont divers et variés tels que l’océanographie, l’hydrologie, l’agriculture, la géologie, l’étude des forêts et des glaces, l’archéologie et bien d’autres. L’évolution du projet PEPS prévoit l’automatisation de certains traitements. Ceux-ci permettent de mettre en lumière, par exemple, la modification du littoral d’un pays ou l’évolution des forêts. Plusieurs profils peuvent être intéressés, qu’ils soient industriels ou agricoles. PEPS encourage activement les start-ups à l’utiliser. Pour le grand public, SnapPlanet est un exemple d’application alliant la science et les réseaux sociaux. Cette application permet via les images issues des satellites Sentinel et de PEPS de faire une sorte de selfie depuis l’espace. Elle a reçu le prix de la meilleure application mobile pour l’observation de la Terre dans le cadre du Copernicus Master. En outre, PEPS peut intéresser le monde du journalisme en offrant une banque d’images inédites de la Terre. D’ailleurs, l’équipe du CNES nous fait part de cette petite anecdote :

La donnée spatiale n’est pas encore une image sur Instagram !
Nous avons été sollicités pour la Saint-Valentin par une vaillante journaliste qui souhaitait éditer un papier avec une image Sentinel2 sur Venise.
Après avoir choisi son image, à partir de vignettes, et patiemment attendu le résultat de son téléchargement, elle nous a contactés, bien étonnée de ne pas voir sa photo ! Mais un moment après, ce fut fait : notre expert, ayant réalisé le traitement nécessaire, a fourni la magnifique prise de vue désirée !

PEPS en constante évolution

Le CNES ne cesse de faire évoluer la plateforme. PEPS étant étroitement liée au réseau Copernicus, celui-ci absorbe de plus en plus de données. Le traitement massif près de la donnée est devenu nécessaire, et c’est aujourd’hui un axe de travail très important. Ainsi, le CNES a lancé des projets « pilote » pour mieux démontrer ses capacités de traitement. Les équipes du CNES sont en interaction étroite avec l’ESA et la commission européenne. L’initiative est très soutenue à la fois par le Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer et le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Le projet est plébiscité par de nombreux internautes. La plateforme peut compter sur les 2 000 personnes inscrites. La majorité des utilisateurs est française. Cependant, d’autres utilisateurs issus de l’Europe et du reste du monde complètent le tableau. Les retours sont très positifs et PEPS est recommandé sur les réseaux sociaux classiques (Facebook, Twitter, etc.), mais aussi sur d’autres, plus spécialisés, tels GeoRezo.

Article mis à jour le 31 octobre 2017 à 13 h 41 min


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Philippe RUAUDEL

C'est avec plaisir que je partage avec vous des initiatives inspirantes, des innovations enthousiasmantes en tant que blogueur et créateur du site lesgoodnews.fr . Dans un autre registre, je suis auteur de science-fiction. Retrouvez aussi les romans de la saga Markind sur markind.fr .

3 réponses

  1. leo dit :

    C’est vraiment impressionnant, beau travail de coordination 🙂

  1. 18 mai 2017

    […] [Article] Le CNES a du PEPS […]

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